Les Kouya de Côte d’Ivoire, un peuple forestier oublié

Denis Ramseyer

Chargé d’enseignement à l’Université de Neuchâtel et directeur adjoint du Laténium (2000-2016), Denis Ramseyer est titulaire d’une licence en Ethnologie-Archéologie-Histoire et d’une thèse de doctorat en préhistoire. Il découvre la Côte d’Ivoire en 1971, à l’âge de 19 ans. Depuis lors, il ne cessera de s’intéresser à ce pays et plus particulièrement à l’ethnie kouya, réalisant successivement un reportage photographique (1972), une enquête ethnologique (1975) et une étude ethno-archéologique (1998). L’auteur poursuit depuis 2009 ses activités en lien avec le Musée des Civilisations et l’Université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan, œuvrant pour la mise en valeur et la conservation du patrimoine ivoirien. Il a également favorisé la relance des recherches de terrain et la formation des jeunes chercheurs ivoiriens en Sciences Humaines.

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Enquêtes sur le terrain, reportages photographiques, notes et correspondance régulière avec un interlocuteur et ami kouya ont été assemblés patiemment durant quarante-cinq ans. Le monde décrit dans cet ouvrage a en grande partie disparu. Déforestation, changement climatique, intrusion des missionnaires chrétiens dans la région ont, dès la dernière décennie du XXe siècle, transformé le mode de vie de ce peuple attachant, fier de ses traditions. Les Kouya appartiennent à l’une des plus petites mais aussi les moins connues des ethnies de Côte d’Ivoire, et parlent une langue qui a été déclarée, en 2001, parmi les plus menacées de la planète. Ce peuple de moins de vingt-mille individus a eu la malchance de se trouver au cœur de la zone de conflit qui a ravagé le pays en 2002-2003, puis en 2010-2011. Ce récit retrace la transformation du mode de vie traditionnelle et l’évolution rapide d’une société forestière qui s’est trouvée prise en étau dans une guerre qui a opposé le Nord et le Sud du pays et qui a contraint toute une population à s’adapter à une situation nouvelle et instable.

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