Présentation à la presse et au public

24 mars 2010 - musée du quai Branly

Chers amis,

Ceux d’entre vous qui êtes fidèles à Vacheron Constantin connaissez notre profond attachement pour la culture et les arts. Notre manufacture horlogère née il y a près de 255 ans veille en effet à perpétuer un patrimoine et à transmettre les valeurs humaines qui définissent son savoir-faire.

Vacheron Constantin partage avec le Musée Barbier-Mueller sa foi en la richesse humaine et en son élan créatif. Son admiration pour le talent qu’ont certains hommes à élever leur travail artisanal au rang d’art ; un talent qui démontre que la main de l’homme n’a pas son égal pour émouvoir…

L’un comme l’autre, nous avons fait de cette culture d’entreprise une éthique qui guide nos pas dans un XXIème siècle où le temps a tendance à s’accélérer et à oublier l’essentiel. Notre partenariat avec le Musée Barbier-Mueller a vu la naissance d’une amitié profonde avec Jean-Paul et l’immense succès de la collection horlogère Métiers d’Art – Les Masques. Une collection qui perpétue des savoir-faire manufacturiers et rend hommage à la diversité culturelle et ethnique.

C’est avec la même volonté que nous nous engageons aujourd’hui aux côtés de Jean-Paul Barbier-Mueller pour la création de la Fondation Culturelle Musée Barbier-Mueller. Nous avons notamment souhaité que les ethnologues et anthropologues étudient le rapport que les peuples entretiennent avec le temps. Un temps qui pour nous autres Occidentaux est circulaire ou linéaire… Gageons que le leur adopte sa propre symbolique et son propre rythme.

La mise en lumière de ces ethnies méconnues, de leurs traditions et de leur quotidien est à nos yeux une mission fondamentale.

Les inquiétudes actuelles devant le déclin de la biodiversité sur la planète ignorent paradoxalement celui des communautés humaines qui, pourtant, nous concerne au plus près.

En effet, autant sinon d’avantage que les espèces animales et végétales, l’érosion des cultures s’est accrue considérablement au cours de ces dernières décennies sous l’effet de facteurs multiples. Les preuves n’en sont pas l’extinction des peuples, mais bien celle des langues qui sont les vecteurs des civilisations.

Récemment, la dernière survivante d’une tribu des îles Andaman, dans le Golfe du Bengale, s’est éteinte. Et avec elle, une des langues les plus anciennes au monde, le « Bo », qui existait depuis plus de 70’000 ans. Une langue qui meurt, c’est un incendie qui détruit à jamais tout un patrimoine de coutumes et de savoirs.

Cette acculturation touche plus particulièrement l’Afrique, l’Asie et l’Amérique du Sud où les civilisations orales sont les plus nombreuses.

Comment rester indifférent ? Comment ne pas souhaiter conserver des traces de ces peuples qui enrichissent notre humanité ? Comment ne pas vouloir léguer cet héritage aux générations futures ? Nous tous, en tant qu’hommes, avons le devoir de transmission.

Ce devoir de transmission est au cœur des préoccupations de l’horlogerie elle-même. Car l’horlogerie telle que nous la concevons est avant tout une culture. Une empreinte humaine, technique et esthétique laissée à l’Histoire. C’est à ce titre et en tant qu’institution sociale à part entière que Vacheron Constantin est fière d’associer son nom à la Fondation Culturelle Musée Barbier-Mueller. Fière de continuer à s’ouvrir au monde. Fière d’en révéler la richesse et de veiller à la sauvegarde de ses identités.

Au nom de Vacheron Constantin, je vous remercie infiniment de nous suivre dans cette démarche à vocation culturelle et scientifique. Nous comptons sur votre soutien pour préserver l’histoire, la beauté et la diversité de notre monde.

Sa diversité fait sa richesse !

Merci

Juan-Carlos Torres
Directeur Général de Vacheron Constantin
Président du Conseil de Fondation